SASU, EURL ou micro : le vrai calcul du net (mis à jour)
07 Sep 2026 à 08:54
Micro-entreprise, EURL ou SASU : la simulation chiffrée 2026 du net qui reste dans votre poche, le vrai seuil de bascule à 11 % du CA et ce que valent les créations gratuites.
SASU, EURL ou micro-entreprise : quel statut vous laisse réellement le plus d'argent à la fin ?
Par Damien Grangiens, fondateur de Plateya. Mis à jour le 7 septembre 2026.
Quel statut choisir pour gagner le plus d'argent : SASU, EURL, micro ?

À frais professionnels faibles, la micro-entreprise laisse le plus de net. Dès que vos frais réels dépassent environ 11 % de votre chiffre d'affaires, l'EURL à l'IS reprend l'avantage.
Le seuil de 34 % d'abattement micro est un piège : il ne concerne que l'impôt. Vos cotisations, elles, restent calculées sur le chiffre d'affaires encaissé, frais compris.
La SASU n'est presque jamais la meilleure pour se verser un salaire : le président assimilé salarié coûte 75 à 82 % de cotisations, contre 41 à 45 % pour le gérant TNS d'EURL.
La SASU redevient imbattable dans un cas précis : zéro rémunération. Sans salaire, il n'y a aucune cotisation, alors qu'une EURL doit environ 1 600 € de cotisations minimales même à revenu nul.
Indicateur Plateya : à 60 000 € de CA en BNC, la bascule micro vers EURL se joue autour de 6 700 € de frais réels, soit trois fois plus bas que ce que suggère l'abattement forfaitaire.
Les créations d'entreprise « gratuites » des plateformes en ligne exécutent des formalités, elles ne choisissent pas votre statut. C'est pourtant le choix qui coûte le plus cher.
Le meilleur statut ne se mesure pas au chiffre d'affaires, mais au net qui reste après frais réels, cotisations, impôt personnel, coût de gestion et niveau de protection sociale. Trois candidats, trois logiques de prélèvement différentes, et une réponse qui change selon un seul paramètre : vos frais professionnels réels. Cet article donne la méthode de comparaison utilisée par Plateya avec les indépendants et dirigeants de TPE accompagnés par son réseau, les chiffres 2026 à jour, et l'endroit exact où se situe le point de bascule.
1. La réponse courte
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Votre situation |
Statut le plus rentable |
Raison |
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Services, frais faibles, CA sous 60 000 € |
Micro-entreprise |
Aucun formalisme, cotisations plafonnées à 25,6 % du CA en BNC |
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Frais réels significatifs, revenu mensuel régulier |
EURL à l'IS |
Frais déductibles et cotisations TNS de 41 à 45 % contre 75 à 82 % en SASU |
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Pas de rémunération immédiate, trésorerie à conserver |
SASU à l'IS |
Zéro salaire égale zéro cotisation, dividendes hors assiette sociale |
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Association prévue, levée de fonds, entrée d'investisseurs |
SASU puis SAS |
Souplesse statutaire et actions cessibles sans agrément obligatoire |
2. Ce qui change vraiment entre les trois
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Statut |
Base des cotisations |
Frais réels déductibles |
Limite principale |
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Micro-entreprise |
Le chiffre d'affaires encaissé, quelle que soit votre marge. Taux 2026 : 12,3 % en vente, 21,2 % en services BIC, 25,6 % en BNC hors Cipav, 23,2 % en Cipav |
Non. Un abattement forfaitaire de 34, 50 ou 71 % s'applique, mais à l'impôt uniquement |
Vous cotisez sur du chiffre d'affaires, pas sur du bénéfice |
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EURL à l'IS |
La rémunération nette du gérant associé unique, au régime TNS, entre 41 et 45 % en 2026 |
Oui |
Les dividendes au-delà de 10 % du capital entrent dans l'assiette sociale TNS |
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SASU à l'IS |
Le salaire du président assimilé salarié, 75 à 82 % de charges cumulées |
Oui |
Le salaire coûte cher, les dividendes échappent en revanche aux cotisations |
Trois repères 2026 à garder en tête. Les plafonds micro sont fixés à 83 600 € pour les prestations de services et activités libérales et 203 100 € pour la vente, pour la période 2026 à 2028. Le seuil de franchise en base de TVA reste distinct, à 37 500 € en services et 85 000 € en vente : vous pouvez rester micro-entrepreneur tout en facturant la TVA. Enfin, le prélèvement forfaitaire unique sur les dividendes est passé de 30 à 31,4 % au 1er janvier 2026, sous l'effet de la hausse de la CSG sur les revenus du capital.
3. La simulation : 60 000 € de CA, deux niveaux de frais
Hypothèses : consultant en prestations de services BNC hors Cipav, célibataire sans enfant, sans autre revenu, barème de l'impôt sur le revenu 2026, cotisations TNS estimées à 45 % de la rémunération nette, charges cumulées SASU à 46 % patronales et 22 % salariales, comptabilité facturée 1 800 € HT par an en société et négligeable en micro. Le dirigeant se verse tout ce qui est disponible en rémunération, sans dividendes.
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Statut |
Net dans la poche avec 4 000 € de frais réels |
Net dans la poche avec 18 000 € de frais réels |
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Micro-entreprise (BNC) |
35 536 € |
21 536 € |
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EURL à l'IS |
34 183 € |
26 255 € |
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SASU à l'IS |
27 440 € |
20 682 € |
Lecture. À 4 000 € de frais, la micro gagne de 1 353 € sur l'EURL et de 8 096 € sur la SASU. À 18 000 € de frais, le classement s'inverse : l'EURL laisse 4 719 € de plus que la micro. Dans les deux cas, la SASU en salaire pur arrive dernière. Ce n'est pas un défaut de la SASU, c'est la conséquence mécanique du régime général.
4. Le vrai seuil de bascule : 11 % du CA, pas 34 %
Le conseil que l'on lit partout est faux. Non, la micro ne reste pas gagnante « tant que vos frais restent sous l'abattement de 34 % ». L'abattement forfaitaire est fiscal, pas social. Vos cotisations continuent de porter sur 100 % du chiffre d'affaires encaissé, y compris sur la part qui part en frais.
Donnée propriétaire Plateya.
Seuil de bascule micro vers EURL, calculé sur 60 000 € de CA en BNC hors Cipav, cotisations 25,6 %, abattement 34 %, barème 2026 : la micro cesse d'être gagnante à partir d'environ 6 700 € de frais professionnels réels, soit 11,2 % du chiffre d'affaires. Le repère habituel des 34 %, soit 20 400 €, arrive trois fois trop tard : à ce niveau de frais, l'EURL laisse déjà 5 628 € de plus par an.
Ce seuil monte légèrement avec le chiffre d'affaires, la progressivité de l'impôt jouant en faveur de la société. Retenez l'ordre de grandeur : dès que vos outils, votre sous-traitance, vos déplacements et votre matériel dépassent un dixième de votre facturation, il faut simuler.
Cas de terrain reconstitué.
Claire M., consultante RH indépendante à Rennes, micro-entreprise BNC ouverte en janvier 2025 : 58 000 € de CA en 2025, 5 200 € de frais réels (logiciel de paie, assurance, déplacements). Sous le seuil de bascule, elle reste en micro. Thomas D., freelance SEO à Lille, 72 000 € de CA 2025 et 21 000 € de frais réels (sous-traitance rédactionnelle, licences, déplacements) : il cotise sur 72 000 € alors qu'il en gagne 51 000. Son passage en EURL à l'IS au 1er janvier 2026 lui rend environ 6 000 € par an.
5. EURL : le meilleur net salarial, et un piège à dividendes
À bénéfice et rémunération comparables, l'EURL à l'IS laisse davantage de revenu personnel qu'une SASU parce que le gérant associé unique relève du régime des travailleurs non salariés. L'enveloppe globale de cotisations TNS s'établit entre 41 et 45 % de la rémunération nette en 2026, contre 75 à 82 % pour un président de SAS au régime général. La contrepartie est réelle : retraite complémentaire et prévoyance plus légères, qu'il faut souvent compléter par des contrats privés.
Le piège est ailleurs. En EURL, la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, augmenté des primes d'émission et du solde moyen du compte courant d'associé, est requalifiée en revenu d'activité et supporte les cotisations TNS (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale). Avec un capital de 1 000 €, seuls 100 € de dividendes par an échappent à cette assiette. Autrement dit, la stratégie « je me paie en dividendes » ne fonctionne tout simplement pas en EURL, sauf à capitaliser lourdement la société avant la décision de distribution.
Deuxième point rarement mentionné : des cotisations minimales restent dues en EURL même à revenu nul, de l'ordre de 1 600 € par an en 2026, pour maintenir une couverture de base. En SASU, une année sans rémunération est une année sans cotisation.
6. SASU : chère sur le salaire, imbattable sur le zéro salaire
La SASU perd la comparaison dès que votre seul critère est le net issu d'un salaire. Elle la gagne quand vous n'avez pas besoin de revenu immédiat : pas de rémunération, donc pas de cotisation, puis des dividendes qui ne supportent pas les cotisations Urssaf, à la différence des dividendes d'EURL au-delà du seuil de 10 %. Ils restent soumis à leur fiscalité propre, PFU à 31,4 % en 2026 ou barème progressif sur option.
Attention à une conséquence sociale que beaucoup découvrent trop tard : le président de SASU sans rémunération ne valide aucun trimestre de retraite, ne s'ouvre aucun droit aux indemnités journalières, et peut se voir appeler la cotisation subsidiaire maladie s'il vit de revenus du patrimoine. Le zéro salaire est une stratégie de trésorerie, pas une stratégie de rémunération durable.
Pour aller plus loin. L'arbitrage salaire ou dividendes en SASU, avec les calculs de flat tax et les trois paliers de salaire minimum à connaître, est détaillé ici : https://plateya.fr/blog/detail/sasu-comment-sortir-de-largent-salaire-dividendes-et-flat-tax-a-314
Une question précise ? Posez la sur le forum des dirigeants TheBoardRoom et obtenez des réponses gratuitement par des experts-comptables et DAF.
7. Zoom : que valent les créations d'entreprise « gratuites » ?
Réponse courte : elles valent ce qu'elles coûtent sur le seul sujet qui compte ici, le conseil. LegalPlace, Legalstart, Dougs, Indy ou Keobiz font correctement ce qu'elles annoncent, à savoir monter un dossier, générer des statuts standards, publier l'annonce légale et déposer la formalité auprès de l'INPI. Ce qu'elles ne font pas, c'est choisir votre statut à votre place ni engager leur responsabilité sur cet arbitrage. Une plateforme exécute la création une fois que vous avez décidé.
Le modèle économique explique le reste. La création affichée à zéro euro est un produit d'appel : elle est offerte contre l'ouverture d'un compte professionnel ou la souscription d'un abonnement de comptabilité, généralement autour de 79 à 89 € HT par mois. Vous ne payez pas la formalité, vous payez un engagement. Et le formulaire en ligne ne vous demandera jamais vos frais professionnels réels, votre situation familiale, votre besoin de revenu mensuel ni votre horizon d'association, c'est-à-dire les quatre variables qui déterminent la réponse.
Le coût de l'erreur est asymétrique. Corriger une société existante, avec frais de greffe, annonce légale, statuts modificatifs et parfois option fiscale irrévocable, coûte plus cher que de la créer correctement. Les cabinets d'avocats décrivent une deuxième vague d'entrepreneurs qui arrivent un an après la création, bloqués par des statuts inadaptés ou une option fiscale mal cochée. Sur un arbitrage à 5 000 € de net annuel comme celui de Thomas D., une heure d'expert-comptable est l'investissement le mieux rentabilisé de l'année.
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8. Règle pratique 2026
- CA inférieur à 50 000 ou 60 000 € et frais réels sous 10 % du CA : commencez en micro-entreprise, sans hésiter.
- CA régulier, frais conséquents, besoin de vous payer chaque mois : comparez en priorité micro et EURL à l'IS, pas micro et SASU.
- Trésorerie à conserver, dividendes envisagés, futurs associés : la SASU à l'IS devient cohérente, malgré un salaire plus coûteux.
- Approche du plafond micro de 83 600 € : anticipez d'un an. La sortie du régime intervient après deux années consécutives de dépassement, et se prépare, elle ne se subit pas.
- Dans tous les cas, simulez le revenu après frais réels, cotisations, impôt sur les sociétés, impôt personnel, comptabilité et protection sociale. Jamais à partir du seul taux de cotisations affiché.
Questions fréquentes sur le choix des statuts
La micro-entreprise est-elle vraiment le statut le moins cher ?
Seulement si votre marge réelle est élevée. Elle devient le plus cher des trois dès que vos frais professionnels dépassent environ 11 % de votre chiffre d'affaires, parce que vous continuez à cotiser sur du chiffre d'affaires que vous n'encaissez pas réellement.
Peut-on se verser uniquement des dividendes en EURL ?
Techniquement oui, économiquement non. La fraction dépassant 10 % du capital social, des primes d'émission et du compte courant d'associé est assujettie aux cotisations TNS. Avec un capital de 1 000 €, la franchise annuelle est de 100 €.
Quel statut valide le mieux ma retraite ?
Le régime général de la SASU offre la meilleure couverture, à condition de vous verser un salaire. En micro, il faut environ 10 900 € de CA annuel en BNC pour valider quatre trimestres. En SASU sans salaire, vous ne validez rien.
L'ACRE change-t-elle le calcul en 2026 ?
Oui, et à la baisse. Un décret du 6 février 2026 ramène le taux d'exonération à 25 % et impose une demande dans les 60 jours suivant l'ouverture d'activité, à compter du 1er juillet 2026 pour les micro-entreprises. L'ACRE reste un coup de pouce de démarrage, plus un argument de choix de statut.
Peut-on changer de statut en cours de route ?
Oui, et c'est souvent le bon plan : démarrer en micro pour valider le marché, puis basculer en société quand les frais montent. Le passage se prépare en amont de l'exercice, pas au moment de la déclaration.
Sources
- Loi de finances pour 2026, publiée au Journal officiel en février 2026 : plafonds micro-BIC et micro-BNC 2026 à 2028 (83 600 € et 203 100 €) et barème de l'impôt sur le revenu.
- Décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025 : taux de cotisations micro BNC hors Cipav ramené à 25,6 % au 1er janvier 2026, au lieu des 26,1 % initialement prévus.
- Décret du 6 février 2026 : ACRE ramenée à 25 % et délai de demande de 60 jours, applicable aux micro-entreprises à compter du 1er juillet 2026.
- Article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale : assujettissement aux cotisations TNS des dividendes excédant 10 % du capital, des primes d'émission et du compte courant d'associé.
- LFSS pour 2026 : hausse de la CSG sur les revenus du capital portant le prélèvement forfaitaire unique de 30 à 31,4 % au 1er janvier 2026.
Les cas Claire M. et Thomas D. sont des reconstitutions pédagogiques, non des cas clients identifiables. Les montants sont des ordres de grandeur issus des hypothèses indiquées en section 3 : ils ne constituent pas un conseil personnalisé et doivent être validés par un expert-comptable.