Obligations de l'employeur en cas de canicule : guide 2026 | Plateya
21 Jui 2026 à 09:13
Fortes chaleurs et canicule : quelles obligations légales pour l'employeur en 2026 ? DUERP, décret 2025-482, vigilances Météo-France, droit de retrait. Le guide complet.
Obligations légales de l'employeur en cas de fortes chaleurs et canicule
À jour du décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 · Articles R4463-1 à R4463-8 du Code du travail · Applicable depuis le 1ᵉʳ juillet 2025
Il fait très chaud : Ce que l'employeur doit mettre en place pour la sécurité des salariés
En cas de fortes chaleurs et de canicule, l'employeur n'a pas de « seuil de température » au-delà duquel le travail serait automatiquement interdit, mais il est soumis à une obligation de sécurité de résultat. Il doit évaluer le risque chaleur dans son DUERP, adapter l'organisation du travail et mettre en place des mesures de prévention dès le déclenchement de la vigilance Météo-France.
Le réflexe opérationnel : structurer et piloter cette conformité « fortes chaleurs » est typiquement une mission d'office manager. Sur Plateya, les TPE et PME mobilisent des office managers freelances pour bâtir un plan canicule conforme, à jour du droit, sans alourdir leur structure. |
Un open space mal ventilé au cinquième étage, un entrepôt logistique sans climatisation, une cuisine de restaurant, un chantier en plein soleil : la chaleur au travail ne concerne pas que le BTP. Avec la multiplication des vagues de chaleur, la question revient chaque été — que doit faire concrètement un employeur, et où commence sa responsabilité ?
Ce guide fait le point, à jour de la réglementation 2025, sur les obligations légales de l'employeur en cas de fortes chaleurs et de canicule. Il s'adresse aux dirigeants de TPE et PME qui veulent sécuriser leur entreprise sans se perdre dans le jargon. Chez Plateya, marketplace B2B qui connecte les dirigeants à des office managers, OBM et consultants RH freelances, nous voyons ce sujet remonter comme une priorité opérationnelle concrète : c'est précisément le type de chantier de conformité qu'un office manager freelance peut prendre en main de bout en bout.
1. Ce que dit la loi : l'obligation de sécurité de l'employeur

Le point de départ est l'article L4121-1 du Code du travail : tout employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Le risque lié à la chaleur entre pleinement dans ce champ.
Point clé souvent mal compris : le Code du travail ne fixe aucune température maximale au-delà de laquelle il serait interdit de travailler. L'appréciation se fait au cas par cas, en fonction de la température, de l'humidité, de la ventilation et de l'effort physique demandé. L'absence de seuil chiffré ne réduit pas l'obligation : elle la rend contextuelle et donc plus exigeante.
Pour les travaux extérieurs, l'article R4225-1 impose en plus de protéger les travailleurs contre les conditions atmosphériques : zones d'ombre, accès à l'eau, aménagement des horaires et des tâches.
2. Le décret n° 2025-482 : ce qui change depuis le 1ᵉʳ juillet 2025
Publié au Journal officiel le 1ᵉʳ juin 2025 et applicable depuis le 1ᵉʳ juillet 2025, le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur introduit dans le Code du travail un chapitre dédié à la « prévention des risques liés aux épisodes de chaleur intense » (articles R4463-1 à R4463-8).
Sa logique : un épisode de chaleur intense est désormais défini par l'atteinte d'un seuil de vigilance Météo-France (jaune, orange ou rouge), fixé par l'arrêté du 27 mai 2025. Dès la vigilance jaune, l'employeur doit agir — il n'attend plus que des salariés tombent.
Concrètement, le décret impose à l'employeur de :
- Mettre en œuvre des procédés de travail ne nécessitant pas d'exposition à la chaleur, ou une exposition moindre ;
- Modifier l'aménagement et l'agencement des lieux et postes de travail pour tenir compte de la chaleur ;
- Adapter l'organisation du travail, et notamment les horaires, pour limiter la durée et l'intensité de l'exposition et prévoir des périodes de repos ;
- Augmenter l'eau potable fraîche mise à disposition ;
- Réduire le rayonnement solaire et l'accumulation de chaleur (pare-soleil, ventilateurs, brumisateurs) ;
- Choisir des équipements de travail et des EPI adaptés au maintien d'une température corporelle stable ;
- Informer et former les salariés sur les signes du coup de chaleur, la conduite à tenir et les protocoles de secours, en particulier pour les travailleurs isolés.
Sanction associée : si l'employeur n'a pas défini cette liste de mesures de prévention, l'inspection du travail peut le mettre en demeure de l'établir. La conformité n'est donc plus une bonne pratique facultative — c'est un attendu contrôlable.
3. Les 4 niveaux de vigilance Météo-France et les obligations associées
Le cœur du dispositif 2025 articule les obligations sur les niveaux de vigilance « canicule » de Météo-France, département par département. Voici la lecture opérationnelle.
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Vigilance |
Qualification |
Obligations principales de l'employeur |
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Jaune |
Pic de chaleur (1 à 2 jours) |
Ventilation efficace des locaux, eau potable fraîche en quantité suffisante, adaptation de l'organisation du travail dès ce niveau (horaires décalés, repos allongés, tâches pénibles suspendues). |
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Orange |
Période de canicule |
Réévaluation quotidienne des risques par salarié, pauses supplémentaires, limitation des tâches physiques aux heures fraîches, vêtements et protections adaptés. Ouvre le droit à l'indemnisation des arrêts intempéries dans le BTP. |
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Rouge |
Canicule extrême |
Réévaluation quotidienne renforcée, arrêt ou suspension des travaux exposés lorsque les mesures techniques et organisationnelles ne suffisent plus, report massif de l'activité sur les plages horaires les plus fraîches. |
À noter — BTP : depuis le décret n° 2024-630 du 28 juin 2024, les « périodes de canicule » sont intégrées à la définition légale des intempéries. Les entreprises du bâtiment et des travaux publics ouvrent droit à l'indemnisation des arrêts de travail au titre des intempéries dès la vigilance orange ou rouge.
4. Intégrer le risque chaleur dans le DUERP
Les ambiances thermiques font partie des risques professionnels que l'employeur doit évaluer dans le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP). Depuis 2025, les épisodes de chaleur intense — en intérieur comme en extérieur — doivent y être explicitement intégrés, avec mise à jour des mesures de prévention.
La bonne méthode en quatre temps :
- Cartographier les unités de travail exposées : postes extérieurs, locaux mal isolés, zones sous verrière, ateliers avec machines chauffantes, bureaux mal ventilés.
- Définir des mesures par type d'activité : sédentaire, physique modérée, physique intense, travail en extérieur.
- Tracer les mesures retenues : fiches, affichage, procédures, annexes au règlement intérieur.
- Prévoir une réévaluation après chaque vague de chaleur significative (retour d'expérience).
Perspective Plateya — c'est un point que nous observons régulièrement dans les missions confiées à nos office managers freelances : beaucoup de TPE et PME ont un DUERP qui ignore totalement le risque chaleur, ou le mentionne d'une ligne sans plan d'action. La mise en conformité commence presque toujours par une remise à plat sérieuse de ce document.
5. Les mesures concrètes de prévention à mettre en place

En pratique, l'employeur combine trois familles de mesures.
Mesures techniques (locaux et postes)
- Protections solaires : stores, films, pare-soleil ; isolation et limitation des sources internes de chaleur ;
- Ventilation efficace, climatisation ou rafraîchissement lorsque c'est possible ; brumisateurs et ventilateurs.
Mesures organisationnelles (temps et tâches)
- Décaler les horaires pour éviter les pics de chaleur (souvent 11 h – 16 h) ;
- Limiter ou reporter les tâches physiques lourdes ; organiser des rotations de postes ;
- Accorder des pauses supplémentaires dans des zones fraîches ou ombragées.
Mesures humaines (eau, EPI, information)
- Eau : fournir de l'eau potable fraîche en quantité suffisante. Dans le BTP, en l'absence d'eau courante, la loi impose au moins 3 litres d'eau par jour et par travailleur exposé ;
- Tenues et EPI adaptés à la chaleur, protection solaire pour les travaux extérieurs ;
- Information et formation : symptômes d'alerte (coup de chaleur, déshydratation), conduite à tenir, procédures d'alerte et de secours.

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6. Seuils de température : les repères de l'INRS
Le Code du travail ne fixe pas de seuil d'arrêt, mais l'INRS et plusieurs instructions ministérielles reconnaissent un risque accru au-delà d'environ 30 °C pour une activité sédentaire et 28 °C pour une activité physique, avec des situations critiques au-delà de 35 °C.
Ce sont des repères de prévention, pas des seuils d'interdiction. Dès que ces niveaux sont atteints, l'employeur doit renforcer ses mesures. Et attention : la température ressentie sur un poste de travail peut largement dépasser ce qu'affiche un thermomètre extérieur.
7. Cas particuliers : BTP, travail extérieur, salariés vulnérables
Travail extérieur et BTP
Au-delà de l'eau (3 litres/jour minimum sans eau courante), l'employeur doit aménager zones d'ombre, horaires et tâches. Dans le BTP, des arrêts de chantier indemnisés au titre des intempéries chaleur sont possibles dès la vigilance orange ou rouge lorsque les mesures organisationnelles ne suffisent pas.
Salariés vulnérables
Pour les salariés vulnérables (âge, pathologies chroniques, grossesse, traitements médicamenteux), l'employeur doit prendre des mesures spécifiques après avis du médecin du travail et du comité social et économique (CSE) : aménagement de poste, télétravail, réaffectation.
Jeunes travailleurs
La règle est plus stricte : il est interdit d'affecter un jeune travailleur à des postes l'exposant à des températures extrêmes susceptibles de nuire à sa santé.
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ZOOM — Droit de retrait du salarié en cas de canicule Si l'employeur ne met pas en œuvre les mesures nécessaires et que la chaleur fait peser un danger grave et imminent sur la santé du salarié, celui-ci peut exercer son droit de retrait (articles L4131-1 et suivants), sous réserve de ne pas créer un nouveau danger pour autrui. L'article L4131-1 ne précise pas l'origine du danger : la jurisprudence admet le droit de retrait en raison de l'ambiance thermique du lieu de travail, y compris en épisode de canicule (Cass. soc., 1ᵉʳ avr. 2019). C'est un droit réel — mais dont l'exercice doit être justifié et documenté pour être protecteur. Modèles prêts à l'emploi. Pour aider salariés et employeurs à cadrer cette démarche, nous avons préparé deux modèles de lettre de droit de retrait pour la canicule (2026) : Droit de retrait canicule : 2 modèles de lettre 2026. |
8. Responsabilité de l'employeur en cas de manquement
Le non-respect des obligations de prévention n'est pas anodin. En cas de manquement, la responsabilité de l'employeur peut être engagée à plusieurs titres : faute inexcusable, sanctions administratives et pénales, reconnaissance d'accidents du travail ou de maladies professionnelles liés à la chaleur.
Et la logique est cumulative : pour bénéficier de dispositifs comme le chômage partiel ou l'indemnisation intempéries, l'employeur doit être à jour de ses obligations de prévention. Autrement dit, on ne met pas ses équipes à l'arrêt indemnisé si l'on n'a même pas mis à disposition de l'eau fraîche.
9. Mettre en place une politique « fortes chaleurs » conforme, sans alourdir votre structure
Mettre tout cela en musique — DUERP à jour, plan canicule écrit, suivi des vigilances Météo-France, protocoles de secours, communication interne — représente un vrai chantier opérationnel. Pour une TPE ou une PME sans fonction RH dédiée, c'est exactement le type de mission qui tombe entre deux chaises.
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Foire aux questions (FAQ) - obligations employeur fortes chaleurs
Existe-t-il une température maximale au-delà de laquelle on peut arrêter de travailler ?
Non. Le Code du travail ne fixe aucun seuil chiffré d'interdiction. L'INRS retient toutefois des repères de prévention : risque accru au-delà d'environ 30 °C en activité sédentaire et 28 °C en activité physique, situations critiques au-delà de 35 °C. Dès ces niveaux, l'employeur doit renforcer ses mesures.
Que doit faire l'employeur dès la vigilance jaune de Météo-France ?
Dès la vigilance jaune (pic de chaleur), l'employeur doit assurer une ventilation efficace des locaux, mettre à disposition de l'eau potable fraîche en quantité suffisante et commencer à adapter l'organisation du travail : horaires décalés, suspension des tâches pénibles, repos allongés.
Un salarié peut-il refuser de travailler à cause de la canicule ?
Oui, via le droit de retrait (articles L4131-1 et suivants) si la chaleur crée un danger grave et imminent pour sa santé et qu'il ne crée pas de nouveau danger pour autrui. La jurisprudence (Cass. soc., 1ᵉʳ avr. 2019) admet ce droit en cas d'ambiance thermique dangereuse. Deux modèles de lettre sont disponibles sur le blog Plateya.
Quelle quantité d'eau l'employeur doit-il fournir ?
De l'eau potable fraîche en quantité suffisante, à proximité des postes. Dans le BTP, en l'absence d'eau courante, la loi impose au moins 3 litres d'eau par jour et par travailleur exposé.
Que risque un employeur qui ne respecte pas ces obligations ?
Une mise en demeure de l'inspection du travail, puis, en cas de manquement avéré, l'engagement de sa responsabilité : faute inexcusable, sanctions administratives et pénales, reconnaissance possible d'accidents du travail ou de maladies professionnelles liés à la chaleur.
Faut-il mettre à jour le DUERP pour le risque chaleur ?
Oui. Depuis 2025, les épisodes de chaleur intense (intérieur et extérieur) doivent être explicitement intégrés au DUERP, avec des mesures de prévention adaptées et une réévaluation après chaque vague de chaleur significative.
Pour aller plus loin
- Droit de retrait canicule : 2 modèles de lettre 2026 — les modèles à adapter pour salariés et employeurs.
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Sources : Code du travail (art. L4121-1, L4131-1, R4225-1, R4463-1 à R4463-8) ; décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 ; arrêté du 27 mai 2025 (seuils de vigilance Météo-France) ; décret n° 2024-630 du 28 juin 2024 (intempéries) ; INRS ; Cass. soc., 1ᵉʳ avr. 2019.
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique individualisé. Plateya n'est pas un cabinet d'avocats ; pour une situation précise, rapprochez-vous de votre service de prévention et de santé au travail ou d'un professionnel du droit.