Leadership et prise de décision : Les meilleurs leaders libèrent la prise de décision
25 Fév 2026 à 08:40
Et si votre performance dépendait de votre capacité à décider moins ? Découvrez pourquoi l’armée a compris avant les entreprises le pouvoir de l’empowerment — et comment l’appliquer dès lundi.
Pourquoi les meilleurs leaders sont ceux qui décident le moins : La leçon stratégique venue de l'armée
(Article rédigé par Damien GRANGIENS, coach professionnel certifié pour dirigeants à Paris - Fondateur du cabinet coaching exécutif Excellence.)
Diriger, ce n’est pas tout décider. C’est créer les conditions pour que les bonnes décisions soient prises, au bon niveau, au bon moment.
À l’image du capitaine David Marquet qui transforma l’USS Santa Fe en cessant de donner des ordres, les organisations les plus performantes fonctionnent sur l’autonomie et la responsabilité distribuée.
Les chiffres sont clairs : l’engagement mondial plafonne à 23 % (Gallup), principalement à cause d’un manque d’autonomie.
L’armée applique ce principe depuis deux siècles via l’Auftragstaktik : fixer l’intention, laisser l’exécution.
Les entreprises qui adoptent ce modèle — Toyota, Netflix, Spotify — obtiennent des résultats spectaculaires.
Reste une question : aurez-vous le courage de décider moins ?
Le chiffre clé : 23 % d’engagement mondial
Seuls 23 % des salariés dans le monde se déclarent engagés dans leur travail (State of the Global Workplace, Gallup, 2023).
Or l’un des premiers facteurs d’engagement identifiés est l’autonomie dans la prise de décision.
Autrement dit : plus un leader centralise, plus il affaiblit mécaniquement la performance collective.
Et si le véritable courage du dirigeant était de lâcher prise ?
Lire l'étude sur le leadership et l'empowerment (février 2026)
Ce que l’armée a compris avant les entreprises sur le véritable leadership
Le jour où David Marquet a cessé de donner des ordres
Lorsqu’il prend le commandement de l’USS Santa Fe, dernier sous-marin de la flotte américaine, le capitaine David Marquet donne un ordre techniquement impossible.
Silence.
Personne ne le corrige.
Ce jour-là, il comprend que le modèle “leader-suiveur” est une bombe à retardement :
quand le chef se trompe, tout le monde se trompe.
Il décide alors de ne plus jamais donner d’ordre.
À la place, ses officiers déclarent : “J’ai l’intention de…”
Résultat : en quelques années, l’USS Santa Fe passe de dernier à premier de la flotte.
L’Auftragstaktik : décider sans micro-manager
Depuis le XIXe siècle, l’armée prussienne applique un principe simple :
“Dites ce que vous voulez obtenir. Jamais comment y arriver.”
Cette doctrine — l’Auftragstaktik — repose sur un postulat puissant :
dans le chaos, seul celui qui est sur le terrain possède l’information pertinente.
Pendant la bataille des Ardennes en 1944 ou plus récemment lors de l’opération Serval au Mali, la capacité des échelons intermédiaires à décider localement a fait la différence.
Le théoricien Carl von Clausewitz parlait déjà du “brouillard de guerre”.
Transposé au business :
une crise marché est un brouillard stratégique.
La question devient alors : vos équipes peuvent-elles décider sans vous ?
Méthode leasdership - L’empowerment n’est pas de la délégation
Confier une tâche n’est pas transférer un pouvoir.
La délégation, c’est :
“Fais ceci.”
L’empowerment, c’est :
“Décide ce qu’il faut faire.”
La chercheuse Gretchen Spreitzer identifie 4 dimensions clés :
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Le sens – Comprendre pourquoi l’action compte
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La compétence – Se sentir capable
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L’autodétermination – Avoir le choix
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L’impact – Voir les conséquences de sa décision
L’erreur classique ?
Donner la responsabilité sans l’autorité.
Résultat : frustration, inertie, désengagement.
Trois entreprises qui ont osé décider moins - démonstration d'un leadership en action
Toyota : le pouvoir d’arrêter la chaîne
Chez Toyota, n’importe quel ouvrier peut stopper la chaîne de production via le système Andon.
Coût potentiel : jusqu’à 50 000 € par minute.
Pourtant, ce pouvoir a permis :
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Une réduction drastique des défauts
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Une amélioration continue systémique
-
Une qualité devenue référence mondiale
Netflix : liberté totale, responsabilité totale
Chez Netflix :
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Pas de validation de dépenses
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Politique de congés libre
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Culture du “contexte plutôt que contrôle”
Résultat :
Une capitalisation dépassant 200 milliards de dollars à son apogée et une croissance internationale fulgurante.
Spotify : les escouades autonomes
Spotify structure ses équipes en “squads”, inspirées des unités militaires :
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Autonomie produit
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Objectifs clairs
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Responsabilité collective
Conséquence : innovation rapide, cycles courts, forte capacité d’adaptation.
Les deux conditions non négociables pour libérer la prise de décision
L’empowerment n’est pas l’anarchie.
Il fonctionne seulement si :
1️⃣ L’intention est limpide
Le “Commander’s Intent” répond à deux questions :
-
Pourquoi faisons-nous cela ?
-
À quoi ressemblera le succès ?
Chacun doit comprendre le pourquoi du pourquoi.
2️⃣ La compétence est construite
On ne donne pas les clés du camion à quelqu’un qui n’a pas le permis.
Former, entraîner, coacher :
l’autonomie se prépare.
Le général Colin Powell formulait la règle du 40-70 :
-
Décider avec moins de 40 % d’information = imprudence
-
Attendre 100 % = paralysie
-
L’idéal se situe entre 40 et 70 %
Ce principe s’applique à tous les niveaux.
Comment un coach exécutif peut vous aider sur le leadership ?
Un coach exécutif n’apporte pas des solutions toutes faites.
Il transforme votre manière de penser, de décider et d’exercer votre autorité.
Sur le sujet du leadership fondé sur l’autonomie et la responsabilisation, son accompagnement se structure autour de quatre leviers majeurs :
1️⃣ Identifier vos réflexes de contrôle
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Mettre en lumière vos automatismes décisionnels
-
Détecter les zones où vous centralisez sans nécessité
-
Comprendre l’impact réel de votre posture sur l’engagement des équipes
Souvent, ce sont précisément les comportements qui ont fait votre succès passé qui freinent votre performance future.
2️⃣ Clarifier votre intention stratégique
-
Formaliser un Intent Statement clair et mobilisateur
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Distinguer vision, priorité et critères de succès
-
Aligner vos managers autour d’un cap compréhensible
Un leadership efficace repose moins sur le “comment” que sur la clarté du “pourquoi”.
3️⃣ Apprendre à transférer le pouvoir (et pas seulement les tâches)
-
Différencier délégation et empowerment
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Redéfinir les périmètres d’autorité
-
Installer des rituels de décision distribuée
Le coach vous aide à éviter l’erreur classique : donner la responsabilité sans donner l’autorité.
4️⃣ Faire évoluer votre posture de leader
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Poser plus de questions que vous n’apportez de réponses
-
Tolérer l’incertitude sans reprendre le contrôle
-
Développer la compétence avant de transférer l’autonomie
Un bon coach exécutif ne vous pousse pas à décider davantage.
Il vous aide à construire une organisation où les décisions émergent naturellement au bon niveau — sans que tout repose sur vous.
À lire : Les principales demandes en coaching
Par où commencer lundi matin ?
Concrètement.
1️⃣ Écrivez votre Intent Statement en 3 phrases
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Notre mission
-
Notre priorité actuelle
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Le critère de succès
2️⃣ Identifiez 5 décisions que vous prenez encore inutilement
Transférez-les un niveau en dessous.
3️⃣ Organisez un RETEX sans hiérarchie
Après le prochain projet :
qu’avons-nous appris ?
qu’aurions-nous dû décider autrement ?
Conclusion
Le sous-marin USS Santa Fe est passé de dernier à premier.
La seule chose qui a changé ?
Le capitaine a arrêté de commander.
Et vous ?
Serez-vous le leader qui décide de tout…
ou celui qui crée les conditions pour que les autres décident mieux que lui ?
Parce qu’au fond, la vraie autorité ne consiste pas à contrôler.
Elle consiste à rendre les autres puissants.